L’agriculture bretonne est en pleine mutation. Le nombre d’installations diminue, leur taille grandit. Son destin est fortement dépendant aux cours mondiaux. La concurrence internationale est sévère. Les normes environnementales et sanitaires pour garantir la sécurité alimentaire imposent d’importantes mises aux normes des installations. Les défis pour un agriculteur breton de 2016 sont nombreux et s’installer est loin d’être une évidence. La Communauté de communes du Pays Bigouden Sud a souhaité favoriser l’installation des chefs d’exploitation en octroyant une aide de  3 000 € soumise à quelques conditions.

 

 

 

Entre 2000 et 2010, la Bretagne a perdu le tiers de ses exploitations. En 2010, il restait 34 500 exploitations agricoles et 68 000 actifs permanents, soit 5 % de l’emploi total régional. Dans le même temps, la taille moyenne des exploitations augmentait de 40% et l’âge moyen des exploitants passait de 43 à 47 ans[1]. Le Pays Bigouden Sud n’échappe pas à cette tendance et la question du renouvellement des chefs d’exploitation se pose.

 

Les exploitations agricoles du Pays Bigouden Sud se caractérisent par une grande diversité des systèmes de production, tant en matière de cultures (céréales, légumes de plein champ, maraîchage, horticulture, système herbager) que d’élevage (bovins viande, bovins lait, porcins, volailles, ovins).

 

En 2014, selon les données de la Mutuelle Sociale Agricole, le Pays Bigouden Sud comptait 135 chefs d’exploitation, dont 38 de plus de 55 ans. 28% des exploitants devraient partir à la retraite d’ici à 2020. Lors de rencontres entre les représentants de la CCPBS et le syndicat des jeunes agriculteurs, ce dernier a exposé la difficulté du renouvellement des exploitants agricoles avec une démographie vieillissante.

 

Favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs bigoudens

Parallèlement, on constate peu de nouvelles installations agricoles.  Entre 2007 et 2011, seuls cinq agriculteurs ont bénéficié des aides nationales à l’installation. Les installations sans aides sont plus difficiles à comptabiliser.

 

Outre les aides nationales à l’installation, les collectivités locales ont institué des aides variables : aides régionales, départementales et des intercommunalités selon des critères souvent différents, dans le respect des règles dites « de minimis ». Cette règle plafonnait les interventions publiques à 7 500 € sur trois exercices fiscaux, ce plafond étant porté à 15 000 € depuis fin décembre 2013. Ce rehaussement du plafond simplifie les aides à l’installation et permet notamment le cumul d’aides. Néanmoins chaque collectivité ayant des critères différents, les installations bénéficient rarement des aides de toutes les collectivités.

 

Dans ce contexte et pour donner un coup de pouce supplémentaire, la CCPBS a décidé d’accompagner à hauteur de 3 000 € les installations bénéficiant de l’aide nationale « jeunes agriculteurs ».

Cette somme loin d’être symbolique a pour but de favoriser le renouvellement des générations d’agriculteurs bigoudens. Les trois premières installations ont bénéficié de l’aide depuis sa mise en place en 2014.

[1] Source : Agreste Bretagne – Septembre 2011